jeudi 3 juillet 2014

l'arbre cache la forêt ?

arbre charolais
"C'est l'arbre qui cache la forêt" est une expression parlante. Elle n'insinue pas que l'arbre est à ce point massif qu'il cache ses frères. Imaginons plutôt un petit bonhomme qui a le nez collé à l'écorce d'un arbre en lisière. Imaginons un petit bonhomme qui n'a pas la jugeote de bouger, de changer son point de vue.

Pourquoi ? les médias prennent la place de nos yeux et nos cerveaux font avec.
Pourtant aujourd'hui, jour de repos passé à écouter la radio et lire quelques articles, je me sens très mal à l'aise, entre rage et compassion pour la souffrance des uns et des autres.
C'est sur que lorsqu'on entend un ex-président dire qu'il n'est pas coupable ce n'est pas nouveau. Et quand il ajoute qu'il va revenir dans le circuit politique, cela fait penser à Berlusconi. Soit. Mais aujourd'hui Berlusconi, pour fraude fiscale, effectue une peine d'intérêt général dans une maison de retraite. La même chose bientôt en notre hexagone ?

Des médias, au lendemain d'une défense présidentielle à la Cahuzac, ont décidé d'interviewer les gens de son fief (mieux vaut penser au sens figuré). Les personnes répondent gentiment comme des fidèles, des gens fiers ayant en tête l'homme qui apporte l'argent ici, qui protège les deniers des gens d'ici. A les entendre, un politique-président à le droit de mentir, de ne rien devoir à personne, d'instiller le discrédit sur l'appareil judiciaire. Les inconditionnels de Berlusconi n'auraient guère fait mieux. Ce genre d'attachement à un seigneur ressemble fortement à autre chose qu'une forme de raisonnement forgé dans les jupons de la démocratie. Et nous ne parlons pas des arguments du style je-tacle-en-touche des copains politiques.
Langue de bois ?
Langue de vipère !

Quand un politique a pour tout projet de montrer l'herbe plus verte du voisin - tiens, une autre expression verdoyante! - on ne s'attend pas à ce qu'il use d'une autre méthode pour garder son trône. Pauvreté argumentative multipliée à tour de bras pour que cette forêt de palabres cache l'arbre : l'affaire Bygmalion.

Le petit bonhomme, une fois le nez décollé de l'écorce du chêne, s'aperçoit qu'il pleut. Il est à si peu de distance de Calais qu'il doit pleuvoir là-bas aussi. Et en effet, il y pleut des coups policiers sur des gars qui rêve de Royaume-Uni. Un royaume si bien uni à une Fortress Europ (comme le dit la chanson, voir ci-dessous ) qu'ils sont coincés entre leur pays en guerre, dont les syriens (que les occidents osent si peu défendre d'un dictateur), et la Manche.
Alors que cette année a été l'occasion de fêter l'anniversaire d'un débarquement, a-t-il été oublié que sur ces plages du Nord des Anglais sont venus sauvés des hommes coincés entre la même mer et une autre dictature.
Nous sommes tous des européens (comme le disent les chansons, dont celle d'Arno) mais si des hommes cherchent à rejoindre un état membre, il n'y a pas de raison de l'accueillir chez nous, autre état membre.
République, tu t'oublies dans tes draps de soies, comme une mamie aux sphincters trop paresseux de se souvenir leur raison d'être !

Pause :


Reprise :
Pourquoi mettre ensemble l'affaire Bygmalion et la maltraitance des migrants en quête de liberté ?
Pour rappeler une nouvelle fois, que la théorie du complot des défenseurs du président normalement jugé, celle qui dit que la gauche veut empêcher le retour de Sarkozy, est un œil plaqué contre un arbre. La politique d'immigration de la France-Europe, initiée par le mandat précédent continue aujourd'hui. Et il est question d'immigration comme il est question de Santé... entre autre.
Il est bien question d'une vulgaire bataille entre détrônés et élus désavoués. Une vulgaire bataille aux traits de clivage civil pointée par l'actualité tandis que derrière cet arbre, se trame un Tafta, un Tisa, des promesses électorales oubliées, des français qui ne défendent pas leurs droits sous prétexte d'un autre arbre, la crise, un autel sacrificatoire, qui se traduit pourtant simplement en terme de mauvaise répartition des richesses. Et ce n'est pas la différence allant s'accroissant entre les plus pauvres et les plus riches qui contredira ces propos.