lundi 23 mars 2015

La démocratie des moutons

L'homme a tendance  à rejeter son identité animale. Il pointe alors ses différences, ici un pouce opposable, là le rire ; ici la culture, là la fabrication d'outils. Cet article n'a pas l'intention d'énumérer toutes les richesses du monde animal, alors pour faire court, imaginer les fourmis entre elles : nous sommes uniques avec notre société ultra fonctionnelle, nos soldats, nos élevages.

L'homme n'est pas seulement un animal, né comme tous les mammifères, avec les mêmes besoins primaires, il est un animal grégaire.
Ca, l'homme n'aime pas du tout. Un animal ! Pouah ! les moutons, pouah !
La tendance à donner une notion péjorative aux animaux, aux moutons, aux cochons, aux vaches, aux loups est des plus étranges, très humain, relevant du rejet de la différence (= névrose). Pour être sur que ces animaux sont négativement connotés, ils sont utilisés dans les insultes à l'égard d'autres hommes... ou femmes. Sale chienne, grosse vache... mais... ce sont des insultes dirigées envers des femmes ! ( Et si on dit sale chien, gros taureau, le premier est beaucoup plus utilisé que le second, à croire qu'être sale est négatif aussi pour les hommes, mais pas le fait d'être gros... )

Comme nous sommes enclin à la grégarité, la plupart d'entre nous choisira un groupe, de préférence celui de l'insultant plutôt que de l'insulté (celui-ci étant seul ou ostracisé, sécurité oblige )
Si l'homme si fier de lui-même nie son statut grégaire, c'est qu'il préfère largement croire la force de ses choix, or la grégarité est considérée comme un instinct. Attention, comprenons-nous, l'homme a choisi de la qualifier d'instinct, vous savez pertinemment que les animaux choisissent de vivre en groupe pour vivre plus en sécurité ( encore elle ! ) . Ils développent ainsi des réflexes de fuite ou d'attaque coordonnés. Qu'un flamand rose voit un chien errant, il  a peur et son geste réflexe est communiqué à tous. La sélection naturelle fait le reste : les lents, les solitaires se font bouffés, leurs œufs sont moins bien protégés.
Pourtant le troupeau possède comme une mauvaise réputation pour l'homme. Quel déni de son héritage !

Un troupeau, ou un groupe, voyez-vous, ne correspond pas à une nation ou à une espèce, il en est une minorité.

Imaginez votre pays sombrer dans l'obscurantisme et le fanatisme. Soit vous vous soumettez au nouveau pouvoir, soit vous luttez, soit vous allez grossir les rangs des réfugiés.
Un réfugié qui arrive dans un pays est un immigré sans les codes du groupe qui "l'accueille" (on appelle ça l'acculturation ). " Heureusement il existe des pays d'accueil régis par des lois équitables " se dit-il entre les toiles de tentes. Ce sont les démocraties.

Les démocraties ont ceci de particulier qu'elles cherchent à s'organiser par l'entente des différentes minorités intérieures ... pour mieux se défendre.
Le problème aujourd'hui : ces citoyens savent-ils qu'ils dépendent des autres parce qu'ils appartiennent à une minorité ? savent-ils identifier les alliés qui les protégerons ?

Le doute est permis. L'homme déjà aveuglé dans ses rêves de puissance, ses désirs, ses névroses, ( tout ça grâce à l'égocentrisme ) subi les messages flous des chefs.
Un message n'est pas que parole, il est geste, comportement, action. Les citoyens se sentent manipulés, la confiance se disloque. Comme attirés, ils tendent à se regrouper vers une image confirmant l'image qu'ils ont d'eux mêmes, vers ce qu'ils désirent : la paix et la sécurité. Si le danger ressenti est l'économie mondiale volant le travail, s'attaquant au droit du travail, ils vont aller vers ce qui s'oppose à cette économie violente (qui n'est ni l'UMP ambivalent ni le PS plus très socialiste ) . Si l'économie leur paraît apporter la sécurité ils vont vers elle. Ces réflexes, l'un comme l'autre, ne nous augurera rien de bon.
La démocratie se disloque car elle abandonne ses citoyens, car ses citoyens se divisent, cas les responsables ne travaillent pas à sécurisé ses valeurs.